Le procédé
Nous exploitons la rétification® depuis 1997, ouvrant ainsi la voie du traitement thermique des bois et de leur préservation par l'application d'un procédé écologique et sain. L'intérêt évident de la démarche a conduit certains à nous suivre depuis, faisant de l'offre des bois modifiés thermiquement un paysage commercial complexe dans lequel la rétification a valeur de référence.
La rétification est un procédé exclusif et breveté, qui exploite les découvertes de l'Ecole des Mines de st Etienne pour conférer au bois des propriétés optimales. Les plages de température, la durée du traitement.. sont autant de paramètres qui permettent de préserver les qualités de départ de nos bois et d'obtenir le meilleur compromis entre résistance mécanique, stabilité dimensionnelle et durabilité.
Température
L'exposition du bois à la chaleur est à la base du principe de rétification. Sans ajout d'aucun produit, elle entraîne une modification physico-chimique définitive des composants du bois, ce qui distingue notre procédé d'un simple séchage. Cette modification profonde de la structure du bois altère les nutriments contenus par le bois, modifie son hydrophilie et sa stabilité dimensionnelle. Elle touche aussi ses performances mécaniques.
Nous ne traitons que des bois parfaitement séchés. Dans la première phase du traitement, le bois va subir un séchage poussé, jusqu'à des températures comprises entre 160°C et 180°C. A ce stade, le bois n'est pas « modifié » et son état est réversible. Au delà de ce point, les modifications du bois seront définitives. Les paramètres de teinte, de stabilité, et enfin de durabilité du bois de départ vont évoluer progressivement. Une des spécificités de la rétification est de travailler dans la plage de température constituant la « phase de transition vitreuse » de chaque essence. Pour atteindre cette courte plage, spécifique à chaque essence, nous devons porter les bois à des températures pouvant atteindre 240°C. Cette température maximale, la durée d'exposition du bois à cette température ainsi que la durée totale du cycle sont autant de facteurs conditionnant la qualité du traitement.
Une fois cette température de crête atteinte, les bois sont refroidis par arrosage. Ils reviennent progressivement à température ambiante, à laquelle ils garderont les propriétés de stabilité et de durabilité acquises à haute température.
O²
Porter un bois à des températures pouvant atteindre 240°C sans le dégrader requiert une précision absolue et le respect scrupuleux des courbes, brevetées, qui font la spécificité de la rétification. Cela nécessite également la parfaite maîtrise d'un élément déterminant dans les réactions du bois à haute température : l'oxygène.
C'est l'oxygène qui permet la combustion d'un bois à l'air libre. C'est aussi le pire ennemi d'un traitement thermique dont l'objectif est de préserver les qualités du bois. Sa présence dans un four implique non seulement des risques de combustion, mais également une dégradation moins évidente des composants du bois : l'oxydation
La présence d'oxygène lors du traitement à haute température dégrade considérablement les propriétés mécaniques du bois. La rétification se déroule en atmosphère inerte, sans oxygène. C'est une des spécificités de notre traitement, parmi celles qui nous permettent de proposer des bois rendus durable et stables, tout en conservant l'essentiel de leurs propriétés mécaniques.
Fours
La rétification® nécessite un outil permettant de réunir les paramètres de température et d'atmosphère propres au procédé : le réacteur de rétification.
C'est dans cette enceinte que le bois atteindra sa température de rétification, sous atmosphère contrôlée. Il est ensuite refroidi par aspersion d'eau.
Les charges sont constituées d'une même essence, dans la même section, de manière à garantir un traitement homogène et équivalent pour chaque planche. Chaque charge subira une chauffe spécifique, caractérisée par une courbe de rétification spécifique.
Traçabilité
Notre volonté d'inscrire la rétification dans une démarche globale de respect de l'environnement nous conduit naturellement à assurer un suivi particulièrement attentif des bois que nous traitons.
Fruits de relations partenariales avec des scieurs partageant nos valeurs, nos approvisionnements, majoritairement français, visent à valoriser les essences locales. Abattus en France, sciés et séchés en France, transportés par nos soins jusqu'à nos installations, ils font ensuite l'objet d'un suivi attentif nous permettant de suivre chaque lot jusqu'à sa mise en vente. La faible part importée de nos bois porte essentiellement sur de l'épicéa, en provenance du Nord de l'Europe, systématiquement labellisé PEFC.
Coût Energétique
Dans le prolongement de l'attention que nous portons à un approvisionnement de proximité, nous sommes attentifs à l'optimisation permanente du coût énergétique de notre traitement.
Le cycle de vie global d'un produit, et donc le calcul du coût énergétique de production, comprend toutes les étapes suivies par la matière. Notre approvisionnement local minimise le poste transport et son impact sur l'environnement. Reste à quantifier l'énergie déployée pour rétifier.
Essence
| Sciage + séchage (MJ/kg)*
| Rétification (MJ/kg)
| Consommation énergétique spécifique (MJ/kg)
|
Pin maritime
| 1,5
| 2,3
| 3,8
|
Peuplier
| 1,9
| 1,8
| 3,7
|
|
*(données CTBA)
|
à titre indicatif :
- Bois massif 2MJ/kg
- Panneau de particules 4MJ/kg
- MDF 11MJ/kg
- PVC extrudé 41MJ/kg
- Aluminium français 74MJ/kg
Le bois rétifié® est aujourd'hui l'un des matériaux dont la Consommation Energétique Spécifique est la plus faible. Ce qui ne nous empêche pas de poursuivre nos efforts pour améliorer encore cette performance, par des circuits toujours plus courts, une matière sans cesse mieux gérée, des fours optimisés.
Lisibilité Normative
Désireux d'offrir à nos clients la meilleure lisibilité des performances de nos bois, nous mettons tout en ouvre pour que chacune de nos essences soit la mieux évaluée possible, dans ses performances comme dans ses limites.
Bien qu'exploitée industriellement depuis bientôt 10 ans, la rétification est encore considérée comme un procédé nouveau, sans cadre normatif spécifique.
La durabilité des bois est évaluée par les normes européennes EN 350 et EN 113. Ce classement de durabilité est inversement proportionnel à une autre norme européenne, plus connue, définissant les classes de risque : EN 335.
Dans l'attente de la norme sur les bois modifiés thermiquement, nous avons tenu à nous positionner par rapport à ces normes, sur la base de travaux du CSTB et du CTBA. Ces rapports sont disponibles sur simple demande.
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